Le Transbordeur de Marseille
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En rade de Marseille
La Rouille

Pâles comme les Iles nous voguions sur la mer
Et chantions nos rancoeurs à en faire pleurer les vagues
A ton oeil une larme j’y bu une goutte de sang
Qui vint se mêler aux relent âcres de l’alcool
Les tripes se nouèrent il n’y eu bientôt plus que le vent
Pour nous rappeler ces voix lointaines douloureuses
Et prenant les mistrals de travers écorchés sur les récifs

Voguent, voguent nos galères !
songions nous d’un air triste

La ville et ses chiens fous grisaient nos esprits voyageurs
Et quoiqu’on en dise déjà le dégoût des rues vomissantes
Prenait place en nos seins par maintes fois ravagés
D’avoir enveloppé d’un voile gris et léger
Les cris incessants de ces cités perdues
Et les têtes tombèrent une à une des cieux
Pour mieux rire de cette rade violente et amoureuse
Nous y perdions nos regards comme l’on perd nos âges

C’est sûrement l’ironie qui nous prit par la main
Quand nous marchions ainsi, à la recherche d’un but
Pour mieux nous adosser à un mur de verre
Où les sourires guignols dansaient dans le vin
Dérisions de nos caps et tempêtes ravageuses
Nous tenions pour horizon une ligne sans fin
Pâles comme les Iles nous voguions sur la mer
En chantant en nos coeurs un son lent et monotone

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