Le Transbordeur de Marseille
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Cartes à jouer et tarots de Marseille
la donation Camoin

Musée du Vieux Marseille
Editions Alors Hors Du Temps


Faites vos jeux...

Ouvrage remarquable, "Cartes à jouer et tarots de Marseille. La donation Camoin" publié par les Musées de Marseille aux éditions "Alors Hors Du Temps" fait écho à l’exposition que présente le Musée du Vieux Marseille à la Vieille Charité sur le thème des cartes à jouer. Il retrace avec justesse par le biais de nombreuses anecdotes et détails historiques leur émergence à partir du jeu de naïb et leur évolution, leur rôle dans l’activité économique locale avec le développement des carteries (dont la célèbre maison Camoin) et les répercussions sur la vie des marseillais que provoqua la généralisation de leur usage. Une place toute particulière est réservée, comme il se doit, au Tarot de Marseille et à sa restauration par Alejandro Jodorowski. La présentation du Jeu de Marseille réalisé par André Breton et ses amis surréalistes complête heureusement ce tour d’horizon. Remarquablement illustré par les admirables collections du Musée du Vieux Marseille, l’ouvrage bénéficie d’une iconographie soignée tant au niveau des cartes elles-mêmes que des documents connexes, lesquels contribuent à éclairer parfaitement les commentaires judicieux et instructifs sur les multiples facettes des jeux de cartes et leur impact sur la société. Un très beau livre que tout amateur de jeu en général et de cartes en particulier ne manquera pas d’apprécier, mais qui fera également le bonheur des férus d’histoire ou d’ésotérisme, des curieux du patrimoine marseillais, des amateurs d’art et des esthètes. Tout simplement superbe !


Ce que nous en dit l'éditeur :
Le Tarot de Marseille, connu et distribué de nos jours dans le monde entier, a contribué à la renommée de la ville. Ce que l'on sait moins, c'est que l'arrivée du jeu de naïb à Marseille à la fin du Moyen Âge est à l'origine d'une longue tradition de maîtres cartiers et d'une industrie qui demeure florissante jusqu'en 1878, date à laquelle ne subsiste que la maison Camoin, la plus célèbre des carteries marseillaises. Mais celle-ci, trop dépendante de l'exportation vers les pays méditerranéens et du Sud-Est asiatique, ne résistera pas à l'éclatement de l'Empire Colonial, et lorsqu'elle fermera ses portes en 1971, elle donnera à la ville de Marseille ses précieuses collections de cartes, de tarots, d'outils et d'objets divers qui sont aujourd'hui conservés par le musée du Vieux-Marseille. C'est donc à travers cette collection exceptionnelle que cet ouvrage aborde l'histoire et la fabrication des cartes à jouer et du Tarot de Marseille ainsi que le monde interlope du jeu.


En voici un court extrait

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En «l’an 1379 fut introduit à Viterbe le jeu de cartes qui vint du pays des Sarrasins et s’appelle chez eux naïb». La découverte de ce texte dans la chronique italienne de Jean de Collevuzzo a mis le point final à une longue série de controverses sur l’introduction du jeu de cartes en Europe occidentale. D’Italie, Marseille était aux premières loges pour l’accueillir. Effectivement, dans une de ses minutes datée du 30 août 1381, le notaire marseillais Laurent Aycardi nous a tracé le portrait pittoresque d’un de ces clients Jacques Jean, joueur effréné que deux de ses amis cherchaient à corriger. Comme il allait partir pour Alexandrie, ils lui firent donc promettre par devant notaire de ne se livrer à aucun jeu et notamment à celui de naïb, pendant la traversée, toute la durée de son absence et huit jours après son retour de voyage ; à toute infraction, il s’engageait à subir une amende de 15 florins d’or, applicables 5 à chacun des deux amis et 5 au curage du port de Marseille. La promesse étant liée à une traversée, il est probable que Jacques Jean devait partir en Egypte exploiter une pacotille, de compte admis avec ses deux amis : au but moral de ceux-ci se joignait donc l’intérêt bien compris de ne pas avoir leurs marchandises livrées au hasard de quelque malheureux coup de dé.

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L'auteur
Le Musée du Vieux Marseille est né de la volonté d'un groupe de Marseillais, "Lou Cremascle" (la crémaillère) qui accumule autour d'une cuisine de pêcheurs des objets rares et anciens, symboles de la vie et des traditions provençales. Ce mouvement se poursuit avec la création en 1912 du Comité du Vieux-Marseille. Des donations et legs, le soutien des Maires de Marseille et des grandes familles de la Ville feront du Musée du Vieux-Marseille le second de France, après le Museon Arlaten, pour l'intérêt de ses collections ethnographiques.
le Comité du Vieux-Marseille installera en 1967 ses collections dans la Maison Diamantée, avant de les céder à la Ville de Marseille en 1990, à charge pour celle-ci d'y créer un musée de l'identité marseillaise.
(source : Site officiel de la ville de Marseille)

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